Aucun message portant le libellé amoureux. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé amoureux. Afficher tous les messages

vendredi 12 avril 2019

Pensées dominicales



Le dimanche.  Journée paradoxale s’il en est une.  Journée ambiguë.  Journée mi-figue mi-raisin.  Journée de repos et d’appréhension. Journée de congé avec l’aura de la semaine qui commence.
            Durant mon enfance, j’avais le dimanche en horreur.  D’abord, c’était le jour de la semaine où je devais me laver les cheveux.  Oui madame, une fois par semaine et c’était déjà trop pour moi.  Il fallait cesser nos jeux extérieurs plus tôt que le samedi, question de pouvoir prendre son bain ou sa douche avant le souper.  Ark. À 16h le dimanche, c’était donc le début de la fin de la fin de semaine.  Le plaisir arrêtait à 16h et, en tant qu’anxieuse, je peux dire que mon plaisir arrêtait bien avant 16h, dans l’anticipation de l’arrêt de plaisir.  Envolée, la belle insouciance du samedi, de son temps élastique, de l’absence de contraintes et de Il faut se coucher tôt parce qu’il y a de l’école demain. L’heure du coucher était fixée à 20 heures.  Je me rappelle encore de l’intro des Beaux Dimanches qui sonnait pour moi la fin définitive du week-end.  Cette musique résonnait dans ma tête comme un chant funèbre.  Et, à chaque fois, l’émission qui débutait me semblait d’un ennui mortel, ce qui ajoutait à mon sinistre sentiment.
            Lors de mes études dans la grande ville, le dimanche était le jour où je requittais le nid familial vers ma vie de jeune-adulte-qui-doit-apprendre-à-vivre-comme-une-grande-et-faire-face-à-de-nouvelles-responsabilités. Oh qu’il y avait de l’angoisse dans ce dimanche ! L’angoisse de la semaine chargée à venir, mais aussi l’angoisse de ma vie en général.  Où serais-je une fois mes études terminées, que m’arriverait-il une fois lancée définitivement dans le vide ?
            Aujourd’hui, j’ai tout-de-même le dimanche plus zen.  Plus de grandes angoisses, plus de crises de lavage de cheveux.  Mais, lorsque je me couche le dimanche soir, j’ai tendance à faire un genre de bilan de ma fin de semaine.  Parfois, je me rends compte que je n’ai pas vraiment vu mon chum de la fin de semaine (je veux dire, on vit ensemble, mais tsé, avec les enfants et toutes les tâches à faire, on est ensemble sans vraiment être ensemble, comme des enfants qui jouent en parallèle).  Alors, tout d’un coup, je me colle sur mon chum et je lui dis que je l’aime, comme pour rattraper les manquements de la fin de semaine. Ou bien je réalise que je n’ai pas vraiment pris de temps pour moi alors je lis deux pages de mon roman dans un état de fatigue extrême pour me faire croire que je prends soin de moi.  Ou encore je me dis que je n’ai pas assez rangé ma maison, alors je me lève et classe deux ou trois papiers pour me donner bonne conscience.  Ou je réalise que j’ai trop crié après mes enfants et là je me sens coupable parce que je ne les verrais plus de la semaine, alors je vais embrasser leurs visages endormis pour me racheter.
            Le dimanche, je ne suis jamais complètement libre.

jeudi 31 janvier 2019

47 ans




            Ma mère est décédée à l’âge de 47 ans.  J’ai aujourd’hui 39 ans.  Parfois, je me surprends à penser que, s’il s’avérait que j’ai le même destin qu’elle, il me resterait seulement huit années à vivre.  Pensez-y, huit années, ce n’est rien, pas même une décennie. Un claquement de doigts, un clignement de paupière, et hop, les dernières années envolées, parties dans un nuage de fumée.
            Huit ans.  Mon aîné aura à peine atteint l’âge adulte, mon cadet sera en plein cœur de son adolescence.  Quitter mes enfants et les laisser là, sans avoir pu les amener au bout du chemin.  Laisser là mon travail de mère inachevé, abandonner mes enfants, les laisser comprendre durement la vie adulte sans être là pour les guider, les soutenir, sans pouvoir être à tout le moins une présence invisible, mais disponible en cas de besoin.  Ne pas voir les adultes qu’ils deviendront, ne pas connaître mes petits-enfants.  Est-ce que ma mère a pensé à tout ça dans les derniers mois de sa maladie ? En avait-elle seulement la force ? Était-elle terrorisée à l’idée de nous abandonner ? Y avait-il des choses qu’elle aurait aimées nous enseigner avant de partir, avait-elle eu des regrets ?  Avait-elle tenté d’imaginer notre avenir, de visualiser les femmes que nous deviendrions ?  Avait-elle confiance en notre force intérieure ou, au contraire, ne voyait-elle que notre fragilité d’adolescentes désemparées de perdre leur maman ?  Et mes garçons, comment réagiront-ils à mon départ, si celui-ci avait lieu dans huit ans ?  Parviendront-ils à trouver cette force intérieure ?  Resteront-ils fragilisés pour le reste de leur vie ?  Est-ce que mon aîné se barricadera dans la colère ?  Est-ce que mon cadet se refermera sur lui-même ?
            Huit ans.  Mon chum aura alors atteint la barre des soixante ans.  Sortir avec une femme plus jeune et lui survivre, quelle malchance.  Dans huit ans, cela fera 27 ans que nous sommes ensembles.  Quand ma mère est décédée, mes parents cumulaient 21 années de vie commune.  Après toutes ces années passées ensembles, c’est un peu, j’imagine, comme perdre une partie de soi-même.  Un vide abyssal dans sa vie, un vide à l’intérieur même de soi.  Un vide qui ne doit jamais complètement se remplir, un vide qui laisse des séquelles, qui teinte d’une nouvelle couleur le reste de sa vie.  Comment survivre à ceux qu’on a aimés ?  Mon chum trouvera-t-il une autre amoureuse ? Humm.  Probablement.  Tout comme mon père l’a fait.  Je lui souhaite.  J’espère qu’elle n’effacera pas trop mon souvenir.  Juste un peu, pour qu’il n’y ait pas trop de souffrance et que tout le monde puisse être heureux.  Comment sera-t-elle avec mes enfants ?  Quel rôle mon chum lui laissera-t-il jouer ?  C’est elle qui connaîtra mes petits-enfants.  J’espère qu’ils auront tout de même un petit quelque chose de moi en souvenir (des grands yeux, des longs doigts fins, un petit déficit d’attention, de mauvaises dents, n’importe quoi).  Quel sera le chemin de mon amoureux sans moi, restera-t-il dans son Outaouais adoptive ou retournera-t-il sur le bord de son fleuve Saint-Laurent ?
            Huit ans.  Je serai encore au travail, je n’aurai même pas encore atteint l’âge de la retraite.  Je ne peux qu’imaginer le choc des amis et collègues de ma mère lorsqu’elle est décédée.  J’imagine ses collègues passant devant son bureau vide.  J’imagine celle qui a eu son poste par la suite (remplacer une morte, ça doit être gai).  J’imagine la peine de ses amis, la constatation brutale, qu’à 40 ans, la vie commence à être plus fragile.  J’imagine en même temps leur soulagement que la foudre ne soit pas tombée sur eux, mais juste à côté.
            Si je franchis la barre des 47 ans, chaque année sera une victoire, un cadeau de la vie.  Une année de plus avec mes enfants, mon amoureux, ma sœur, mes amis, mes collègues.  Une année de plus pour en profiter.  Une année de plus pour faire vraiment ce que j’ai envie de faire.
            La peur de mourir, ça doit être pour cette raison que j’ai commencé à écrire.  Pour me rappeler que je suis en vie, pour en témoigner, pour laisser une trace de mon passage, à ma façon. 

jeudi 22 novembre 2018

En voyage avec le père TOC




*Avertissement* Pour mieux comprendre ce texte, lisez le blog TOC, mon amour
            À chaque année, c’est pareil, vient le moment où mon chum et moi nous mettons à penser à nos vacances d’été (ben oui, avant le congé des fêtes, c’est comme ça, tsé on commence déjà à être fatigués, et qu’est-ce qu’il y a d’autre à faire en novembre que de penser à ses vacances d’été ?).  Et, à chaque année, mon chum me ressort la même phrase : « Ah moins qu’on reste ici pis qu’on fasse des choses à la maison ? »  Ark…ben non.  À chaque année je lui réitère donc que le petit voyage d’été c’est non-négociable, indispensable à ma santé mentale, que s’il souhaite passer l’été à la maison, mieux vaut alors qu’il change de blonde.  Et là, il sourit.  Il le sait bien, après 18 années de vie commune, que je veux partir en voyage l’été, mais c’est plus fort que lui, il faut qu’il examine toutes les options, car déjà, entre partir et rester, il y a un choix à faire.  Il sait bien que, pour moi, il n’y a pas de place à la tergiversation, mais il faut quand même qu’il s’essaye encore un peu, doute quand tu nous tiens…  « Oui, mais on ne voulait pas peinturer la galerie ? » - « On ne partira pas tout l’été », « Oui, mais au niveau des sous, vu qu’il faut changer la toile de la piscine ? » - « Ben non, c’est correct, on a toujours un budget vacances. », « À moins qu’on ne parte cet hiver à la place ? ».  Bon, je suis déjà épuisée et nous n’avons même pas encore parler de la destination. Une chance qu’on commence la discussion en novembre au fond.  Parfois, je m’énerve et je lui dis d’arrêter de me gosser avec son « on reste à la maison », que l’on sait bien tous les deux que ça n’arrivera pas.
            Ensuite, vient le choix de la destination.  À chaque destination que je propose, il se questionne.  « On va au bord de la plage dans le Maine ? » - « Ouin…faire seulement de la plage ? Et Nat, avec son eczéma, l’eau salé ce n’est pas super… », « O.K., on va à Québec 4-5 jours ? » - « Il faudra coucher à l’hôtel, ça va pas être un peu cher et les enfants ne pourront pas se baigner, à moins d’avoir une piscine à l’hôtel, mais là ça va coûter plus cher et tsé à l’hôtel les enfants n’ont pas beaucoup de place pour bouger… », « On va en camping ? » - « Ce n’est pas un peu trop d’organisation ça ? ».  Je le sais qu’il ne fait pas ça pour mal faire, il veut juste trouver LA meilleure option, avoir les parfaites vacances en famille, j’ai beau lui expliquer que les vacances parfaites n’existent pas, il n’a pas l’air de me croire.  On finit par faire un choix (ben, je fais un choix qu’il finit par approuver), choix qu’il remettra en question jusqu’à la veille de notre départ.  « Pourquoi n’allons-nous pas en Gaspésie, déjà ? »  Et là, pour le rassurer, il faut repasser en revue tous les arguments qui ont fait en sorte que l’on n’a pas choisi la Gaspésie finalement.  Et si je m’impatiente un peu et que je m’oppose à cette récapitulation systématique des arguments, il me répond : « Énerves-toi pas, c’est juste pour jaser ».
Enfin, le jour J arrive et ce jour-là, mon amoureux, il a les émotions à fleur de peau. Comment quitter sa maison en étant sûr de rien oublier ? Vérification, vérification, vérification.  Comment être certain que la maison sera correcte pendant notre absence ? Vérification, vérification, vérification.  Et s’il y avait des vents violents ?  Cette branche devrait être coupée, ce serait plus prudent, peut-être aura-t-il le temps de le faire avant de partir (il est 8h00 du matin, nous devions partir à 7h00, les bagages ne sont pas encore dans l’auto, mais il pense quand même qu’il a du temps devant lui…) ?  On ne doit pas vivre dans le même espace-temps.  Là, je travaille fort pour ne pas m’énerver (bon OK, honnêtement, je ne réussis pas tout-le-temps).  Il insiste pour mettre les bagages seul dans l’auto.  Il aime ça qu’il dit, jouer à tétris. C’est vrai que tout est parfaitement placé, les bagages s’imbriquent parfaitement les uns dans les autres.  Mais il ne faut pas être pressé.
Je finis toujours par asseoir les enfants dans l’auto, même si tous les bagages ne sont pas encore dans la voiture, tellement que je suis exaspérée d’attendre et que les enfants ne sont plus tenables.  Je sais bien que je lui mets la pression lorsque je fais cela et il n’apprécie pas : « Ben là, je n’ai pas encore fini, on ne part pas tout-de-suite », « Pas grave », que je dis.
Après dix minutes :
-       Maman, j’ai fini ma gourde d’eau !
-       Quoi, déjà !? On n’est pas encore partis !
-       Je veux d’autre eau !
-       Moi aussi !  Et je veux retourner faire pipi !
Et là, je me décourage et je me dis qu’on ne partira JAMAIS.
 Mais on finit toujours par mettre les voiles, plus tard que je le pensais, mais quand même, on part. 
Ouf !  Enfin, je respire. Enfin, les vacances.
-       T’es sûr qu’on n’aurait pas été mieux d’aller en Gaspésie ?

jeudi 31 mai 2018

L'amour après 18 ans






Pas dans le sens de l’amour au début de l’âge adulte, là.  Mais bien dans le sens de l’amour après 18 ans de vie commune.  Dans le sens de 18 années passées à partager la vie de la même personne.

Qu’est-ce qu’il y a de si différent entre aujourd’hui et le premier jour ?  Difficile à dire puisque je ne me rappelle plus trop des premiers jours.  En fait, non, je m’en rappelle, mais ça fait si longtemps que tout me semble un peu flou, vague, comme si ce souvenir appartenait à une autre vie que la mienne.  Deux êtres qui se connaissaient à peine, qui n’avaient jamais entendu parler l’un de l’autre, qui sont dorénavant intimement liés, qui ont une connaissance profonde l’un de l’autre.  Comment un étranger a-t-il pu devenir la personne qui me connaît le mieux, le seul avec qui je ne peux me défiler ni faire semblant ?

Comment nous comparer, nous, jeune couple, qui louions de vieilles cassettes vidéo à 0,99$ et achetions une enveloppe de fondue au fromage pour nos soirées en tête-à-tête, à nous, vieux couple, qui avons deux enfants, qui jasons hypothèque, pneus d’hiver et devoirs de mathématiques ?  Comment comparer ta relation avec un homme que tu as séduit à grands coups de sourires, de quelques mots d’esprits et d’une petite robe noire à ta relation avec l’homme qui t’as vu accoucher, crier après tes enfants et fondre en larmes au décès de ton père ?

Après 18 ans, la relation est plus profonde, plus complète, mais moins magique et plus lourde, car elle traîne avec elle tous les soucis quotidiens.  Parfois, mon amoureux, il me tombe sur les nerfs. Quand il me parle sans arrêt de sujets qui ne m’intéressent pas (dans ma tête je me dis : je ne pense pas qu’il m’aurait raconté ça les premiers temps de nos amours, ou encore : il doit pourtant le savoir que ses problèmes de caliper ne m’intéressent pas).  Et je sais que moi aussi je dois lui tomber sur les nerfs parfois.  Quand je laisse les portes d’armoires grandes ouvertes, quand j’oublie ce qu’il vient de me dire il y a cinq minutes, quand je fais passer Facebook avant lui.  Mais malgré tout ça, j’ai toujours hâte de le retrouver à mon retour du travail, il me fait toujours autant rire qu’avant, sinon plus, et je m’endors toujours mieux une fois qu’il s’est allongé à mes côtés (même s’il est trop grand et prend le ¾ du lit !).

Je me demande parfois comment il me voit aujourd’hui.  Suis-je encore la jolie fille amusante qu’il a rencontrée ?  Suis-je telle un meuble dans sa vie, présence immuable et rassurante ?  Il y a 18 ans, il m’a choisi, me choisirait-il encore aujourd’hui ?  Rêve-t-il à d’autres parfois ?  Pense-t-il qu’il aurait pu partager sa vie avec quelqu’un d’autre ?  Et moi, comment je le vois ?  Parfois, je le regarde dormir à mes côtés, je regarde son visage et je me dis que ça fait 18 ans que je contemple ce visage, à tous les jours, et je me sens privilégiée.  Nous en avons traversé des épreuves et des moments doux, nous en avons eu des fous rire et des grands désaccords, nous en avons eu des prises de becs et des réconciliations.  Nous avons une histoire.  Un jour il faudra fermer le livre.  Un jour, rapproché ou lointain, inévitablement, cette histoire se terminera, mal, fort probablement.  Une séparation ou un décès.  La fin sera triste, il ne peut pas en être autrement.  En attendant, profitons de cette complicité, de cette connaissance profonde de l’autre, de ces moments où les mots sont superflus.

vendredi 18 mai 2018

Le lave-vaiselle


Bon.  Je pense qu’il est temps d’en parler, de crever l’abcès, de faire sortir le méchant, de mettre cartes sur table, de poser la question une fois pour toutes.  Non mais, les gars, c’est quoi cette obsession maladive avec le lave-vaisselle ??? C’est quoi ce souci du placement parfait et méthodique comme si votre vie en dépendait ? Pourquoi accorder autant d’importance à l’emplacement des petites cuillères ?  Il ne faudrait surtout pas qu’elles s’imbriquent l’une dans l’autre et qu’elles risquent par le fait même d’être mal lavées.  Aïe ! Ça te part mal une journée ça !  Pourquoi cette analyse exhaustive de la façon de maximiser le nettoyage de chaque article ou de pouvoir en mettre le plus possible par cycle de nettoyage ?

            J’hallucine quand je vois mon chum passer 20 minutes penché au-dessus de son lave-vaisselle (l’utilisation de l’adjectif possessif est important ici) sans rien mettre dedans, il fait juste changer des affaires de place.  Comme si son lave-vaisselle était un tetris géant.  Et il est concentré quand il fait cela, oh là, c’est du sérieux.  Le téléphone sonne, il ne répond pas.  Les enfants se chicanent à moins d’un mètre de lui, il les remarque à peine.  Une tâche de la plus haute importance requiert toute son attention, comme s’il était en train de désamorcer une bombe nucléaire.  Et gare aux invités qui voudraient simplement aider en débarrassant la table et en mettant quelques morceaux dans le lave-vaisselle. Aouch.  Je vois alors instantanément le stress s’installer sur son visage.  Il devient de plus en plus nerveux.  Finalement, il se lève et demande avec tact à l’invité de tout arrêter, qu’il va s’en occuper.  Il a l’air fin de même, mais moi je dis qu’il est plutôt contrôlant.  Il ne peut supporter de perdre le contrôle de son lave-vaisselle.  Peut-être est-ce la dernière chose qu’il a encore l’impression de contrôler dans sa vie ?  Peut-être aimerait-il pouvoir contrôler les différents aspects de sa vie comme il le fait avec les verres et les assiettes ? Pouvoir les déplacer, les changer de côté, les rincer un peu plus, les essayer dans l’étage du bas.

            La nuit dernière, sa psychose du lave-vaisselle a atteint son paroxysme (je vous rappelle ici que mon amoureux il a de petites tendances TOC ). Donc, il sort avec des amis.  Je reste à la maison avec les enfants.  On soupe.  Il y a de la vaisselle à gérer, pas grand-chose là, on a mangé des hot dog, mais il y a bien quelques assiettes, verres et ustensiles épars sur le comptoir.  Je rince le tout (parce que si je ne rince pas je vais en entendre parler) et met le tout dans le lave-vaisselle sans trop de cérémonie, mais je mets quand même les verres avec les verres, les petites assiettes avec les petites assiettes.  Je considère que je fais une bonne job pour une débutante (parce qu’on va se le dire, je n’ai pas la chance d’y toucher souvent au lave-vaisselle).

            Vers deux heures du matin, j’entends des cliquetis et de l’eau que l’on fait couler d’un robinet.  Suis-je bien réveillée ou suis-je en train de rêver que quelqu’un s’affaire dans ma cuisine en plein milieu de la nuit ?  Je me frotte les yeux.  Je ne rêve pas.  Mon chum est en train de tout replacer dans le lave-vaisselle.  Et il re-rince. Bon, je n’avais pas assez rincé à son goût.  Je capote.  Tu ne peux pas rentrer d’une soirée avec tes amis au beau milieu de la nuit et penser à inspecter le lave-vaisselle.  Je suis borderline insultée.  Aïe ! ça ne prend pas un doctorat pour remplir un lave-vaisselle ! Ah, et puis, je le connais, il doit être à moitié mort et s’être arrêter trois ou quatre fois sur le bord de l’autoroute pour piquer un petit somme, mais il a assez d’énergie pour gosser dans le lave-vaisselle. Plus je l’entends gosser, plus je fulmine.  Tout-à-coup, les fils se touchent et je descends prestement à la cuisine et lui dit : « Tu es conscient que c’est de la maladie mentale ton affaire ?! » et je remonte me coucher.  Il est fâché.  Il n’aime pas que je le traite de malade mental.  C’est vrai que j’y suis allée un peu fort. J’oublie parfois que c’est juste de l’anxiété.

-       Tsé, je ne voulais pas inspecter la façon dont tu avais rangé le lave-vaisselle, c’est juste qu’en rangeant un couteau que tu avais oublié…

Je fais semblant de dormir.

-       Bisou de bonne nuit ?

-       Non.

-       O.K. T’as raison, je suis un peu fou.

Bisou de bonne nuit.


jeudi 14 décembre 2017

Chronique d'un dimanche après-midi


-        Oui, mais est-ce que tu t’en es occupé un peu ?

La phrase de trop.  Tellement de trop.  Prononcée par mon chum qui revient de son après-midi à la ferme.  Il rentre à la maison, me voit assise à la table en train d’éplucher des patates, pendant que mon cadet est en train d’inonder la salle de bain et que mon aîné imite à tue-tête des bruits de Bayblade, et il me demande comment cela s’est passé avec les enfants.  Je lui réponds qu’ils ont passé la journée à se gosser et à se tirailler et à juste niaiser et que je suis juste à boute d’entendre des « Arrêêêêêête !!! » et des « Mamaaaaaaaan !!! » et le bruit de quelque chose qui tombe ou qu’on lance en quelque part.  Et lui, mon amoureux, pour m’aider à élucider la problématique de nos enfants mongoles, il me demande si je m’en suis occupé ?!?  Ben non, j’ai fait la sieste tout l’après-midi.  Je suis allée au spa, tiens.  J’ai mangé des sushis avec mes amies.  J’ai lu Guerre et Paix de Tolstoï.  Je les ai regardés s’entretuer. En mangeant du pop-corn.  Vous dire comment j’ai sauté ma coche.

-        Non mais, t’es pas gêné (suivi de plusieurs sacres)!!!

Et là, il voit les biscuits que les enfants et moi avons faits cet après-midi et il feel cheap, mais il est trop tard, moi j’explose, je suis sur ma lancée.

-        Ben oui, lorsqu’on écoute un film, qu’on colore ou qu’on fait des biscuits, tout va bien.  Mais si j’ai le malheur d’aller au sous-sol trois minutes pour partir une brassée de blanc, la marde pogne ! Alors là, je décide de leur donner un bain pour les séparer un peu et le cadet est encore dans le bain pendant que j’essaye de commencer le souper, faque ta petite phrase tu peux ben te la mettre où je pense ! Et si tu veux vraiment être utile, va donc me sortir le cadet du bain, moi je ne suis juste plus assez calme, dis-je en vargeant dans mes patates.

Il s’excuse et m’embrasse. Bon, je dois quand même avouer que les excuses furent rapides et sincères (il est brillant, il sait quand sa vie est en danger).  Il monte ensuite à l’étage.  Je l’entends négocier avec le cadet pour le sortir du bain, il commence déjà à perdre patience.  Tiens, tiens, voilà qui me redonne un peu le sourire.

Il finit par le sortir du bain et il redescend en bas avec son mou.  Moi je suis toujours en train de varger dans mes patates. Et là, il me dit, pour tenter  de m’amadouer un peu, que c’est beau les lumières de Noël qu’on a installées cet après-midi dehors.

-        On ?!? Tu penses vraiment que j’aurais pu installer les lumières avec les enfants autour ?!? Je veux dire sans qu’ils se mettent à se fouetter avec les guirlandes et à les transformer en lasso ?!?  En fait, je suis juste sortie dehors à un moment où je n’en pouvais plus de les entendre et où il fallait que je me défoule sur quelque chose, d’ailleurs, si tu regardes bien, il y a un set dont la moitié des lumières ne fonctionnent plus !

-        Aille, aille, WOW ! qu’il me répond.

Tiens, c’est pas mal la phrase que j’ai dit tout l’après-midi aux enfants ça.

De toute façon, je ne sais pas pourquoi je m’en fais autant, ça finit toujours par être de la faute des mères anyway. Tu les as allaités trop ou pas assez longtemps, tu ne les as pas laissé assez pleurer, tu n’as pas fait assez de peau à peau avec eux lorsqu’ils étaient bébés, tu les as mis à la garderie trop tôt ou trop tard, tu fais trop d’activités structurées ou tu leur laisses trop de temps libre, tu leur as donné trop de gluten et pas assez de fruits, tu les laisses se chicaner tous seuls en-dedans pendant que tu es dehors en train d’installer les lumières de Noël…

Je dois quand même avouer qu’on a vécu un semblant de beau moment en famille en se gavant de nos biscuits au chocolat faits maison pour le dessert. Et, en ce moment, les trois gars écoutent Découverte, dans le silence absolu, pendant que je me défoule sur ce blogue…! Et j’ai négocié un congé pour la routine du dodo…

jeudi 23 novembre 2017

Tout le monde a besoin d'un Jean-Philippe Wauthier


Le mien c’est Jean-Philippe Wauthier.  Pour le moment du moins.  C’est mon fantasme de vedette.  Pas un gros fantasme, là.  Juste un tout petit.  Un petit fantasme léger de fille, assez inoffensif.  Un petit fantasme que je n’hésite toutefois pas à dire tout haut et qui turlupine un brin mon bel amoureux après 17 ans de vie commune.

Au début, je ne faisais pas ça pour le titiller, mais bien parce que je le trouvais juste craquant et que j’avais le goût d’en parler.  Mais là, au fil des jours, j’ai remarqué que cela se mettait à l’achaler pour de vrai.  Pourtant, il n’a jamais fait grand cas de mon penchant inébranlable pour Brad Pitt, depuis 22 ans déjà, depuis la sortie du film Légende d’Automne, depuis la scène mémorable où il revient à cheval vers sa douce dans son costume trois pièces avec ses longs cheveux blonds qui flottent au vent. Il ne s’est jamais trop formalisé non plus de mon intérêt particulier pour tous les films de Johnny Depp, allant même jusqu’à me prendre en photo près de son étoile sur Hollywood Boulevard à Los Angeles.  Alors pourquoi est-il tant agacé par mon petit croche pour Jean-Philippe Wauthier ?

Vous pensez bien que je ne pouvais pas lui poser directement la question, alors j’ai trouvé ma propre réponse.  Je pense que c’est parce que c’est une vedette québécoise.  Cela le rend disons un peu plus…accessible.  Et aussi, nos vedettes québécoises, on a l’impression de les connaître un peu…donc cela devient une attirance plus globale et non simplement physique, comme pour Brad ou Johnny.  Ouin…je le trouve aussi drôle, brillant et il m’a l’air d’un gars sensible un tantinet nerveux…J’aime bien comment il taponne nerveusement son crayon, comment il se ronge les ongles en ondes et la façon qu’il se shake la patte pendant ses entrevues.  C’est certain que tout cela reste des impressions forgées à partir du son de la radio ou des images de la télé…mais quand même.

Il y a quelques semaines, un samedi soir d’octobre, les enfants étaient couchés et mon chum et moi étions évachés sur le divan devant un film avec un peu trop d’alcool dans le corps.  Mon chum a fini par s’endormir.  Il s’est mis à ronfler.  Je le regardais avec sa bedaine qui montait et qui redescendait au rythme de ses ronflements avec une grosse tâche de sauce de côtes levées bien en évidence sur son chandail blanc.  Là, j’étais découragée.  Je l’ai réveillé : « Franchement ! Je sais qu’on est un vieux couple, mais là, t’as pas de classe ! ».  Il m’ignora et recommença à ronfler. C’est à ce moment que j’ai eu un flash de génie : « Bon, au lieu de te regarder ronfler avec ta tache de côtes levées, je vais regarder s’il n’y a pas Jean-Philippe à la télé, il est partout  ces temps-ci, il ne devrait pas être difficile à trouver ».  Croyez-le ou non, mais il s’est levé et il est allé enfiler un chandail propre sans rien dire…

C’est pour cela que je dis que tout le monde a besoin d’un Jean-Philippe Wauthier (ben tout le monde qui est en couple depuis un certain temps disons).  Un petit fantasme, pas trop loin, mais pas trop proche non plus (genre le voisin d’en face ou l’entraîneur de tennis), juste assez « proche » pour turlupiner gentiment l’être aimé. Et l’inciter à passer un chandail propre.

J’ai quand même décidé par la suite d’être bonne joueuse et je lui ai demandé ça serait qui, lui, sa vedette québécoise.  Au départ, il jongle…Lucie Laurier…Marie-Pier Morin…Pfff…juste belles.  Et finalement, Kat Levac. Ah, zut ! Elle, elle est belle, drôle et elle a l’air super sympa. Cela m’apprendra à poser ce genre de question. Il me semble que je suis dû pour une nouvelle coupe de cheveux…

jeudi 31 août 2017

Sortir avec un plus vieux


Oui, je sors du garde-robe : je suis en couple avec un homme de treize ans mon aîné. Dix-sept ans et deux enfants plus tard, nous sommes toujours ensemble.  Je le sais, je ne suis pas la première « jeune fille » à sortir avec un homme d’âge mûr, quoiqu’en 2017, j’ai plutôt l’impression d’être passée de mode, la tendance étant plutôt aux cougars.

          Lorsque tu as 21 ans et que tu fréquentes un garçon de 34 ans (tel était mon cas), tu as le droit, non pas à des commentaires, car généralement les gens les gardent pour eux, mais plutôt à des regards lourds de sens et à des attitudes qui en disent long.  Parfois, j’avais carrément l’impression d’entendre les gens penser.

          Un classique ?  Le complexe d’Œdipe non-résolu. Eh oui, c’est certain, je me cherche un deuxième papa pour me prendre par la main, pour terminer mon éducation, pour me couver, pour me dire quoi faire et comment penser. 

          Ensuite, il y a ceux qui te regardent comme la fille de passage, celle qui ne restera pas longtemps, celle à qui l’on ne s’intéresse que pour sa jeunesse et sa beauté (l’italique est important ici, cela veut dire que d’autres, pas moi, l’on peut-être pensé, quand j’avais 21 ans, je le rappelle). 

          Aussi, il y a ceux qui se disent qu’une fille de 21 ans, c’est parfait pour un gars qui ne veut pas s’engager et qui ne veut pas d’enfants, genre adulescent.  Ou peut-être que le gars en question ne réussit plus à séduire les filles de sa génération, donc il s’essaye avec une plus jeune, facilement impressionnable.

          À tous ces détracteurs, j’ai le goût de répondre que l’amour n’a pas d’âge, mais ça sonne un peu cliché, j’ai aussi le goût de leur dire que, lorsque tu tombes en amour, tu tombes en amour avec une personne et non avec son âge, mais ça aussi, ça fait un peu cul-cul.  Je pourrais aussi dire que l’amour ça ne se contrôle pas, mais ça je pense que tout le monde la sait déjà.

          Cela dit, être avec un garçon ayant une plus grande expérience de vie, ça demande quand même quelques adaptations.  Parce qu’évidemment, la musique qu’il aime et qui lui rappelle son adolescence, moi ça ne me rappelle absolument rien et ça me tombe sur les nerfs dès la deuxième chanson (genre Genesis, Supertramp, Roxy Music et Cie.).  Avec 13 ans d’écart, nous n’appartenons pas à la même génération, nous n’avons donc aucun souvenir musical, télévisuel ou cinématographique en commun. Passe-partout, ça ne lui dit pas grand-chose (outre le fait que Passe-Carreau était relativement sexy) et moi, je ne sais même pas à quoi ressemble Goldorak. La face que j’ai faite le jour où il m’a dit qu’il n’y avait pas de MacDonald quand il était tout-petit, pas plus que de petites boîtes de jus en carton.  Je pense aussi que les plaques d’immatriculations étaient d’une autre couleur !  Il a des contemporains qui se prénomment Jacques, Serge et même Marcel !  Nos parents aussi sont de deux générations différentes, les siens sont vieux et les mieux c’étaient des Boomers (vous savez, ceux qui ont pris toutes les jobs, n’en laissant aucune pour la Génération X ?). Ironiquement, les miens sont morts en premier. 

          Un amoureux plus âgé, ça te précède également en tout.  Je l’ai vu quitter la trentaine et éloigner son menu à bout de bras parce qu’il ne voyait plus rien, je l’ai écouté me dire que lui ne se sentait pas vieillir, mais que c’était le regard des autres sur lui qui changeait, je l’ai vu avancer tranquillement dans la quarantaine et s’enrober lentement, j’assiste présentement au début de sa cinquantaine…et je constate qu’il commence à en perdre des petits bouts de temps en temps ! Je sais donc, en quelque sorte, ce que me réserve l’avenir…

          Il  est vrai que, ayant perdu mes parents prématurément, j’ai toujours un peu tout le temps peur que mon chum attrape une maladie grave et nous quitte quelques mois après, me laissant seule avec les enfants, moi, jeune veuve de 38 ans. Quoique… Il sera peut-être alors le temps de me plier à la tendance actuelle, vous savez la cougar

         

jeudi 29 juin 2017

TOC, mon amour


La meilleure façon pour que ton chum s’intéresse à ton blogue ? Lui dire que tu vas écrire un article sur lui.  Soudainement, il va trouver du temps pour venir y jeter un coup d’œil. Même fatigué, même débordé, même s’il doit aller au garage, il va trouver un peu de temps.

          Trouble obsessionnel-compulsif.  TOC.  Mon amoureux, il a un TOC, en fait, il n’a pas vraiment de diagnostic, mais disons qu’il a de forts traits.

          Au début de notre relation, au moment où je n’avais pas encore un portrait global de sa personnalité, je restais perplexe quand, en plein cœur du mois de janvier, il me demandait si ma fenêtre était bien fermée au moment de sortir de la voiture.  J’ai d’abord cru que cela pouvait être un genre d’humour pince sans rire, mais j’ai tôt fait de me rendre compte qu’il était on ne peut plus sérieux, ce qui augmenta alors ma perplexité.  Je ne savais pas encore, à ce moment-là, que ce genre d’obsession sur la fermeté des choses était en fait une forme d’anxiété.  Il va sans dire que, lorsqu’il s’est mis à faire le tour de sa voiture trois fois, avant de l’abandonner à son sort dans le stationnement, en regardant scrupuleusement chacune des roues, en vérifiant que chaque portière était bien fermée et en souhaitant pratiquement bonne chance à ce véhicule qui passerait quelques heures seul loin de nous, j’ai trouvé ça carrément bizarre. À l’époque, je restais quand même plantée-là à le regarder faire, sans rien dire, toute remplie que j’étais de mon amour pour lui.  Cet homme avait une relation affective avec les objets, c’était étrange, mais émouvant en même temps. Cela dit, après 16 ans de relation, je ne l’attends plus pendant qu’il fait ses adieux à sa voiture dans les stationnements (surtout pas à -30°C), je le laisse à son rituel et il me rejoint plus tard.      

          Avec mon amoureux, les départs ne sont jamais simples, même les départs du 1er étage vers le 2e pour aller se coucher.  Dans les premiers temps de notre cohabitation, il devait vérifier que chaque rond de la cuisinière était bien éteint ; à l’achat de notre cuisinière au gaz, cela fût réglé.  Mais les compulsions ont cette propriété de se déplacer aisément d’un objet à un autre.  Il fallût donc ensuite qu’il vérifie que le porte du frigo fût bien fermée, que les thermostats furent bien éteints, que la champlure de la douche ne coulait pas et dans quelle pièce se trouvait chacun de nos chats (afin d’être bien certain de ne pas les avoir enfermés dans un placard pour la nuit).  Je finis par aller me coucher sans ne plus rien éteindre, sachant que quelqu’un passerait inévitablement derrière moi pour tout vérifier.  En fait, il est là tout le défi lorsqu’on partage la vie d’un TOC : il est tentant de tout abandonner et de le laisser tout gérer de sa rigide façon, en le laissant seul au monde de la vérification et de la contre-vérification.  Mais, comme être en couple implique nécessairement une relation entre deux personnes, il vaut mieux choisir ses batailles et trouver dans quel domaine il pourrait tenter de lâcher prise un peu.  Mon chum accepte que le linge ne soit pas plié à angle droit, que le Ketchup change de place dans le frigo et que notre cuisine ressemble à un champ de bataille lorsque je prépare les repas (bon, c’est un work in progress, car il me tourne parfois autour en rangeant des ingrédients que je n’ai pas encore utilisés).  En ce moment, il travaille fort à aimer mes piles de vaisselles instables et à apprivoiser le fait qu’on peut peser sur le bouton d’un engin électronique même si on ne sait pas encore à quoi sert le dit bouton, qu’il n’y aura pas nécessairement de conséquences désastreuses !

          Mon TOC à moi, il voit tout, il remarque tout, il est à l’affût du moindre petit changement.  Il faut dire que chaque changement est pour lui source d’anxiété. Si je change le linge à vaisselle, il mettra quelques minutes à s’adapter au nouveau, tout en se demandant si c’était bien le meilleur moment pour le changer.  Alors, imaginez changer un meuble de place ou encore en acheter un nouveau !  Cela nécessite pour lui toute une préparation mentale.  Je me rappelle encore, comme si c’était hier, de cet échange que nous avions eu (moi en congé pour la journée, lui revenant du travail) :

-        Ta sœur est venue te voir aujourd’hui ?

-        Oui.  Pourquoi ?

-        Je le savais.  J’ai reconnu ses traces de pneus dans l’entrée.

Note à moi-même : si jamais j’ai un amant, lui dire de stationner dans la rue, pas dans notre entrée en gravier sur lequel s’impriment les traces de pneus.

          Avec un TOC, chaque décision est pesée, soupesée et repesée, puis tournée d’un sens et tournée de l’autre, et analysée et contre analysée.  Les questions sont posées et reposées et revérifiées, juste pour être certain.

          Je dois toutefois avouer qu’il y a quelque chose de sécurisant à partager la vie de quelqu’un d’aussi minutieux, de quelqu’un qui pense à tout.  Je sais que mon côté brouillon le déstabilise, voir l’exaspère, mais à quoi sert d’être en couple si ce n’est pour s’enrichir de la vision de l’autre.   
Le trouble obsessionnel-compulsif