jeudi 19 octobre 2017

Mon fils aime Pat Metheny


Plus mes enfants grandissent, plus ils développent leur propre personnalité.  Parfois, je me reconnais en eux, parfois je reconnais leur père et parfois je me demande d’où ils peuvent bien sortir tel ou tel trait de caractère !

          Il y a mon aîné, qui a toujours un surplus d’énergie, qui est méga en forme, qui fait tout en courant et il y a mon chum et moi, plutôt sur le moule patate de sofa.  On se demande souvent où il a bien pu prendre ces gênes-là.  Il y a mon cadet aussi, qui fait des mauvais coups dès qu’on a le dos tourné et il y a mon chum et moi, qui sommes maîtres dans l’art de respecter les règles.

          À d’autres moments, je me vois en eux et ça me fait un peu peur, je vous avoue.  Quand je vois mon plus vieux stresser à n’en plus finir face à un quelconque changement et être ensuite tout content du dit changement, cela me fait inévitablement penser à moi qui est passée maître dans l’art de m’énerver pour rien.  Je pense aussi à mon cadet, qui change carrément de personnalité en présence d’étrangers, figé par la timidité.  Je voudrais ne pas transmettre mon anxiété à mes enfants, mais j’ai l’impression qu’il est déjà trop tard, que je leur ai déjà transmis, à croire que c’est passé directe par le placenta lorsque j’étais enceinte.

          Mais je crois que ce qui me fait le plus sourire, c’est lorsque je remarque que mes enfants commencent à ressembler à leur père.  Je veux dire, pas physiquement, mais mentalement, dans leurs goûts, dans leurs choix, dans leurs tempéraments.  Comme ce moment historique où, dans la voiture, mon aîné a prononcé ces mots : « J’aimerais ça écouter Pat Metheny, comme l’autre fois » Quoi ?! Nous avions écouté Pat une fois ou deux seulement en sa présence et il avait assez aimé ça pour se rappeler son nom ?! Et pour en redemander ?! Bon, après il a quand même ajouté : « Ça me fait penser à la musique de Mario Cars ». 

Moi qui négocie avec mon chum depuis 17 ans pour limiter au maximum le temps d’écoute patmethenyen. C’était maintenant deux contre un. Le sourire que mon chum a fait, ce sourire, je vais m’en rappeler toute ma vie.  Le sourire de la victoire, de la satisfaction : son fils avait la même sensibilité musicale que lui.  Voilà. Il n’était plus seul. C’était moi qu’on isolait dans un coin.  Je ne pouvais plus rien ajouter. Je ne pouvais toujours pas critiquer les goûts de mon propre fils, de ce demi-Dieu ambulant, pas à 9 ans, du moins. Comme mère, je me devais de faire fleurir son estime personnel ; je valorisais toujours ses choix vestimentaires, ses choix de jeux, ses choix de film, etc.  Il était hors de question de faire comme d’habitude et de me mettre à crier : « Pat Metheny, c’est plaaaaaaaaaate !!! ».  Et ça, mon chum le savait très bien, d’où l’infinitude de son sourire.  J’étais piégée. Mon fils aimait Pat Metheny. Je ne l’avait pas vu venir celle-là.  C’était sûrement passé direct par les spermatozoïdes.

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